"Ventre à Terre" Photographie et installation video

« Ventre à Terre » Photographie et installation video

01 Oct « Ventre à Terre » Photographie et installation video

photo-culinaire-exposition-mde

« Ventre à Terre » Photographie et installation video

 

du 22 octobre au 21 novembre

 

Galerie Au fond de la Cour
49 rue de Seine
75006 Paris

Site Web de La Galerie au fond de la Cour

Ventre à terre

Mathilde de l’Ecotais a ajusté la focale de son boîtier. De l’infiniment grand à l’infiniment petit. Un voyage photographique pour mettre à bien – ou à mal – nos cinq sens. Nous inciter à regarder et ressentir différemment cette Terre nourricière.

Depuis là-haut d’abord, de cet espace encore si mystérieux dans lequel nous puisons nos rêves sponsorisés par la Nasa, la planète n’est plus bleue comme une orange. Mais plutôt teintée de rouge à l’image de ce saucisson qui dessine les Ameriques. Comme si la facture du désordre écologique était d’ores et déjà salée. Des bouts de plastiques en relief s’invitant dans l’océan narguent le regard, provoquent cette envie irrésistible d’arracher ces éléments pour faire place nette. Retrouver un équilibre. Eviter le chaos dans lequel ce « Ventre à Terre » nous entraîne.

Changement d’altitude. Le regard de Mathilde de l’Ecotais se rapproche de cette terre. La poésie des œuvres de Sonia Delaunay s’invite dans son atmosphère. Des formes géométriques pour contrer une nouvelle fois ce chaos illustré par la dichotomie des ingrédients. La malbouffe contre le goût. Tomate / pizza, pop-corn / maïs, fruits acidulés / bonbons acides. Une explosion de couleurs aux allures de boubous africains. Une façon de rappeler que ce qui vient d’ailleurs est une richesse contre la mondialisation de nos assiettes standardisant notre alimentation.

Dans l’infiniment petit, la pomme de terre s’affiche sur une énième photo. La rondeur du légume s’efface. Il est l’ingrédient indispensable, celui qui nourrit, qui se transforme. Un souvenir d’enfance quand il s’agit de purée ou de frites. L’objet témoin de la surconsommation sous forme de chips. Le symbole du gâchis alimentaire à travers ses pelures.

Dans nos ventres se mêlent alors ce que nous ingurgitons comme matière première. Pendant que notre cerveau tente de lutter contre un marketing envahissant symbolisé par ces publicités des années 70 qui viennent alourdir l’estomac de cette femme-mannequin. Barres chocolatées, conserves transformées, boissons bullées… Les slogans résonnent comme autant de madeleines de ces années glorieuses. La fin d’une période (presque) heureuse annonciatrice du chaos ?

Eva Roque