Témoignage de Thierry Marx

Thierry Marx

Thierry Marx

Il y a les autres… Et elle. Là où le photographe culinaire traditionnel met en scène le plat figé pour l’éternité dans son apprêt compassé, Mathilde de l’Ecotais voit, avec son objectif et surtout son esprit, au plus profond de la matière pour en extraire toute la subtile et voluptueuse poésie. Ses photos sont aussi créatives que les mets qu’elle saisit, à l’instant de leur acmé.
Ses clichés invitent le spectateur à un voyage infini, sans limites, entre la structure et la déstructure. Dompté par son regard, le plus banal des légumes, devient ns oeuvre d’art abstrait. Des natures mortes terriblement vivantes, que l’on regarde, d’abord interloqué, puis emporté par le tourbillon des formes et des couleurs où l’imaginaire leur invente une identité.
Sous son coup d’oeil, on touche du doigt la légèreté d’un nuage de lait, le vaporeux d’un voile de yuba, la fragile transparence d’un caviar. Elle nous montre, de l’intérieur, le respect sans faille que nous devons avoir pour la nature d’avoir créé des mondes où les infinis se rejoignent. C’est la vie, en permanence, qui ressort de ses clichés apparemment artificiels, alors qu’elle vous dira, au contraire, qu’elle ne triche jamais, ni ne retouche les couleurs saisies dans leur perfection du moment, dans cette lumière exactement étudiée pour les mettre en valeur. Cette lumière sur les matières est devenue sa signature inimitable.
Mathilde de l’Ecotais nous offre la vision d’un monde qu’elle a choisi de réinventer à l’infini dans cet univers si trivial du « produit alimentaire », qui offre le paradoxe d’être accessible à tous dans son approche quotidienne et de ne révéler sa nature secrète et intime qu’à travers l’oeil unique d’une artiste unique. Oui, vraiment, il y a elle… Et les autres.