Installations

Les installations de Mathilde de l’Ecotais

Avec des installations mêlant la photographie et la vidéo, Mathilde de l’Ecotais nous entraine dans un monde futuriste où la nature reprend ses droits.
La photographe plasticienne issue de la photographie culinaire (?) , univers très conservateur, a imposé un style entièrement nouveau.
Des produits eux-mêmes découlent aujourd’hui des installations dans lesquelles l’artiste se fait le porte-parole d’une nature maltraitée par l’homme. Nous sommes ce que nous mangeons, paraît-il. Mais que mangeons-nous, au juste ? Ces poulets de batterie, torturés, demandent ici à sortir de leur coquille pour vivre normalement. Dans les rêves de Mathilde de l’Ecotais, New York est fait de concombres. Regardez-la, cette terre qui brûle. Pas d’équilibre possible : d’un côté les pays riches qui se gavent comme des oies, de l’autre les pays pauvres qui meurent de faim et de soif, entre les deux une étendue glacée, la cryosphère. « L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant » disait René Char. C’est comme une pieuvre en mouvement, dont les tentacules nous enserrent, qui provoque la dégradation de la biosphère. La juxtaposition du même motif en relief sur des tirages lisses retranscrit cette impression : les choses paraissent autonomes mais sont en réalité dépendantes les unes des autres. Jusqu’où l’industrialisation – ici le métal – transformera-t-elle les matières premières, les cultures traditionnelles, les habitudes alimentaires ? L’industrie agro-alimentaire obéit aux critères de profit, de compétitivité et de productivité, oubliant malheureusement l’essentiel : le déséquilibre énorme entre la surconsommation des uns et la sous-alimentation des autres.